Où s'en vont les oies sauvages quand elles déchirent le ciel d'automne ? A quelle terre , à quel rivage , se destine leur chant qui claironne ? Et pourquoi tendre ainsi les ailes, tous ces efforts et tous ces cris ? Qui les attends dans ce pays, quelles amours et quelles vies ?
Je n'en sais rien, je ne sais plus si les vieux livres avaient raison ... tous les matins , je ne vois plus que les murs gris de ma prison
Qu'est-ce qui fait qu'un enfant pleure quand le silence est trop puissant ? D'où lui vient qu'il ait si peur quand dehors hurle le vent ? Est-ce que la main qui donne le jour peut aussi allumer le ciel? Est-ce que le pain et les labours peuvent racheter les mots cruels ?
Je n'en sais rien , je ne sais plus si tout donner est suffisant pour que les pierres qui nous séparent puissent éclater en souriant
Est-ce que les fleurs pourront encore s'épanouir au soleil levant , quand le Veilleur lira le sort écrit dans le grimoire d'antan ? Tous nos vieux rêves ont-ils une chance de nettoyer les taches de sang ? Est-ce qu'une voile sera au port quand résonnera l'Oliphant ?
Je n'en sais rien , je ne sais plus s'il y a encore le moindre sens à ce refrain archi-connu qui nous fait croire que le monde danse