Un jour dans son chariot l'Ankou te prendra, Il t'emmènera près du chêne sans âge Et aux deux bœufs il te donnera. La vieille barque te déposera sur le rivage Éclairé par sept soleils et mille fleurs de cent carats…
Grâce au rocher de Merlin, dessous les saxifrages, Ta lame tu aiguiseras Et les défunts fuiront le carnage. Sur le dolmen de la montagne tu monteras…
Et toi petit enfant loin de ton village, La lumière des lunes te sauvera Si tu te laisses prendre aux pièges du marécage...
Près du gouffre de douleur le vent soufflera. Les génisses arrêteront leur ouvrage Et un vieux sanglier se réveillera. pommiers sauvages Il te conduira…
C'est alors qu'il te faudra du courage, Car dix navires d'apparat Et onze gardiens ivres de rage Te chasseront en grognant, comme un scélérat…
Sèche tes larmes sur ton visage : De la forêt pétrifiée la vache noire surgira. Plante ta flèche dans son poitrail sauvage: Le sang coulera et la trompe sonnera, Annonçant, comme un coup de tonnerre, l'heure du grand voyage...