Sous la peau du silence où tremblent les prénoms, J'écris ce que le souffle ose à peine former. Ce n'est ni la saison ni la loi du dictame, C'est l'arc tendu du cœur qui vise ta lumière.
Je ne promets ni lune ni serment de porcelaine, Mais l'écorce vivante, l'écho de chaque hiver Où j'ai brûlé des mots pour que naisse une veine Capable de tenir ce qu'un regard libère.
Ainsi va l'alchimie, sobre et inépuisable : Le réel se déchire et laisse fuir le jour, Mais toi, tu poses l'ordre au bord de l'indicible, Et le monde s'incline au nom de ton amour.
Ce n'est point le vertige, ni l'ombre d'une absence, C'est la chaleur posée au pli de ton sommeil, C'est l'évidence calme d'une double présence Qui m'apprend que le temps peut s'offrir au soleil.
Accepte cette page où s'inscrit ma ferveur, Non comme un vœu fragile offert à la froidure, Mais comme le témoin d'une unique demeure Dont tu es, chaque jour, la source et la hauteur.