Rapellez vous, tous bonnes gens Le malheur qui frappa jadis Une querelle de manants Dans une taverne de Portivy
C’était un soir de beuverie Du Capitaine au ramendeur Pour une chienne de jalousie Chacun maint’nant, sait qu’il a peur.
Il s’appelait Le p’tit Pennec Moussaillon sur le « Saint-François » Amoureux d’une petite brunette Serveuse de bar au « Cacatois »
Marins buvaient, marins chantaient Le rhum coulait dans les gosiers La p’tite Marrec rigolait Souvent des plaisanteries osées.
Quant une fois saoul, roulant par terre Tout l’équipage du « Vent Coureur » Privé d’amour depuis l’hiver S’en prirent à la belle au grand cœur.
Le Moussaillon s’interposa Couteau au poing, fier marin Il se battit seul contre trois Graine de Breton qui ne craint rien.
Le P’tit Pennec n’a jamais su L’estafilade qui l’ surnoma « Gueule de Fennec » devenue qui d’ l’équipage le surina.
On n’ le vit plus pendant dix ans Mais chaque matelot nous raconta Qu’il était devenu commandant Sur les côtes du Vénézuela.
Un jour de juin, on vit au port Passer un homme, un revenant Il était damné par les morts L’ Ankou était de ses parents
Depuis ce jour à Portivy Dix tombes en plus , compte la paroisse « Gueule de Fennec » comme on le dit Les avait fait crever d’angoisse.
Marin, si vous le rencontrez Le p’tit Pennec, le moussaillon Alors veuillez lui pardonner Car chacun risque la damnation.
Le P’tit Pennec, c’est mon grand père De Lotivy à Renaron, La ptite Marrec, c’est ma grand mère Et moi je suis leur p’tit lardon Et moi je suis leur p’tit lardon.