Text
Je suis venu par-delà les flots, porté par une promesse,
Fuyant l'horizon familier pour une terre de promesses.
Mais l'hiver m'a accueilli de son souffle de métal,
Et le givre sur mes mains dessinait mon exil.
Je n'osais pas revenir, le regard vide et nu,
Car chez moi, l'abandon est un chemin qu'on ne prend plus.
Strophe 2
J’ai connu les aubes froides et le pavé des marchés,
Le poids des fardeaux que l'on porte sans jamais broncher.
J'ai dormi dans le ventre de fer des camions endormis,
Dans des boîtes de béton où l'on oublie qui l'on est la nuit.
J'envoyais l'or de ma sueur, chaque pièce, chaque denier,
Pour que là-bas, l'espoir puisse enfin s'enraciner.
Refrain
J’ai bâti ton berceau avec mes jours de poussière,
J’ai changé mon errance en une douce lumière.
Sept ans de solitude, sept ans de deuils muets,
Pour que ton rire d'enfant soit mon seul vrai palais.
Je porte le poids du monde sur mes épaules brisées,
Mais mon âme reste libre, jamais apprivoisée.
Strophe 3
Aujourd'hui, l'ombre s'invite sous le toit du foyer,
Les mots sont des épines, l'ingratitude est un métier.
On me traite d'incapable quand je veille sur tes nuits,
On oublie les box de stockage où j'ai bravé l'oubli.
Je berce tes rêves, je lave tes chagrins,
Pendant que l'on piétine le courage de mes mains.
Strophe 4
Mon père est parti sans que je puisse lui dire "pardon",
Ma famille est un souvenir que je porte comme un nom.
Je suis détruit dedans, mais debout pour tes pas,
Le guerrier est fatigué, mais il ne renonce pas.
Si je regrette parfois ma galère et ma liberté,
C'est pour ne plus voir mon sacrifice ainsi insulté.
Final
Je resterai ton rempart, je resterai ton pilier,
Même si le prix à payer est de s'oublier.
Car mon sang coule en toi, pure et sans artifice,
Tu es la seule fleur née de mon long sacrifice